17 mai : Journée mondiale contre les LGBTQIA+phobies : dans l’Éducation comme ailleurs, mobilisation ! Tract de SUD éducation

Le 7 jan­vier 2023, Lucas, un col­lé­gien de 13 ans, met fin à ses jours. Avant le sui­cide de Lucas, il y a eu les sui­cides de Doona (étu­diante trans à Montpellier, sep­tembre 2020), d’Avril (lycéenne trans à Lille, décembre 2020) ou encore de Dinah (lycéenne les­bienne et per­sonne raci­sée à Mulhouse, octobre 2021) et d’autres. Ces sui­cides rap­pellent à chaque fois l’absence de moyens humains et finan­ciers pour lut­ter réel­le­ment contre les lgb­ti­pho­bies. Les jeunes vic­times d’homophobie et de trans­pho­bie sont 2 à 7 fois plus touché·es par le sui­cide que les autres jeunes. Face à ces drames, le gou­ver­ne­ment réagit peu, voire passe sous silence les causes des sui­cides. Tout comme le reste de la société, les dis­cri­mi­na­tions anti-​LGBTQIA+ gan­grènent l’Éducation natio­nale et l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR). Les per­son­nels subissent l’oppression hété­ro­sexiste et les discriminations.

Le réseau d’extrême droite “parents vigi­lants” s’attaque aux per­son­nels de l’éducation natio­nale et aux étudiant·es. Leurs militant·es uti­lisent mas­si­ve­ment les réseaux sociaux et la facho­sphère pour s’attaquer à des professeur·es, des syn­di­cats. Ils n’hésitent pas à les mettre en dan­ger en les expo­sant à la vin­dicte popu­laire. SUD édu­ca­tion exige que la pro­tec­tion des per­son­nels soit assu­rée, que leur lieu de tra­vail ou leur adresse per­son­nelle ne soient plus expo­sés sur les réseaux sociaux. L’extrême-droite est un dan­ger mor­tel aussi bien pour les élèves que pour les personnels.

SUD édu­ca­tion est aux côtés des per­son­nels LGBTI de l’Éducation natio­nale et de l’ESR, pour lut­ter contre toutes les formes de dis­cri­mi­na­tion LGBTIphobe et hété­ro­sexiste, et appelle à se mobi­li­ser à l’occasion du 17 mai et des marches des fier­tés, contre la haine, pour les droits LGBTI et l’épanouissement de tou·tes !

Pour SUD édu­ca­tion, il ne peut pas y avoir de fémi­nisme sans prise en compte des femmes trans et il ne peut pas y avoir de luttes LGB sans sou­tien aux reven­di­ca­tions trans (res­pect du pré­nom et du pro­nom d’usage, chan­ge­ment d’état civil libre et gra­tuit en mai­rie sans inter­ven­tion des pou­voirs judi­ciaires et médi­caux entre autres).

Pour SUD édu­ca­tion, il faut pla­cer le bien-​être de l’élève au centre de nos pré­oc­cu­pa­tions. C’est pour­quoi l’école doit accom­pa­gner les familles dans l’acceptation de la démarche de leurs enfants. Il n’est pas accep­table que l’école cau­tionne la néga­tion par cer­taines familles du droit des jeunes trans à choi­sir leur pré­nom et à expri­mer libre­ment leur genre.

SUD éducation revendique :

· une poli­tique ambi­tieuse de pré­ven­tion et d’accompagnement des jeunes LGBTQIA+ ou en ques­tion­ne­ment quant à leur genre et leur orien­ta­tion sexuelle, appuyée par la mise à dis­po­si­tion de véri­tables moyens et par l’ouverture de postes spé­ci­fiques de référent·es.
· le res­pect par les per­son­nels du pré­nom choisi par les jeunes trans dans le cadre sco­laire et universitaire.
· l’élaboration de maté­riel péda­go­gique spé­ci­fique sur les ques­tions des LGBTQIAphobies ;
· la ré-​intégration du concept de genre dans les textes offi­ciels et sa prise en compte dans des pro­grammes éla­bo­rés par la com­mu­nauté éducative ;
· la mise en place de dis­po­si­tifs dédiés (comme l’étaient les ABCD de l’égalité) per­met­tant aux élèves de réflé­chir spé­ci­fi­que­ment aux dis­cri­mi­na­tions et sté­réo­types de genre, et de les déconstruire ;
· la mise en place dans la for­ma­tion ini­tiale de modules obli­ga­toires sur les pro­blé­ma­tiques de genre, pour les futur·es enseignant·es (selon un volume horaire iden­tique dans tous les INSPE ), et pour toutes les autres caté­go­ries de per­son­nel (CPE, agent·es) ;
· un ren­for­ce­ment de l’offre de for­ma­tion conti­nue sur ces questions.

Face aux LGBTQIAphobies, réagissons !
C’est par la mobi­li­sa­tion de tou·tes les LGBTQIA+ et de toutes les forces sou­cieuses d’émancipation et de pro­grès social, que l’égalité entre tou·tes pourra être gagnée.
· N’hésitons pas à inter­ve­nir dans la conver­sa­tion, reprendre les « plai­san­te­ries » dépla­cées : il est essen­tiel de ne pas lais­ser une ambiance sexiste/​LGBTQIAphobe s’installer sur le lieu de travail.
· Si vous êtes vic­time ou témoin, pre­nez contact avec la sec­tion syn­di­cale de votre éta­blis­se­ment ou la per­ma­nence départementale.
· Si vous êtes vic­time ou témoin, ins­cri­vez les faits au Registre Santé Sécurité au Travail : il a valeur juri­dique, l’employeur a obli­ga­tion de répondre aux faits qui y sont consignés.
· Rappelons le devoir de pro­tec­tion de la part du minis­tère à l’égard de ses salarié·es.
· Rappelons la loi, qui sanc­tionne les actes de dis­cri­mi­na­tions en rai­son de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre